7 mai 2007, la France se réveille avec la gueule de bois.
Une de celles qui font mal, avec une impression d'avoir une barre qui transperce les circonvolutions des deux hémisphères cérébraux.
Un de ces lendemain d'insouciance, où l'individu bougon et perdu jure qu'on ne l'y reprendra plus, c'était la dernière fois... Ca fait trop mal...
Pourtant il y revient, c'est plus fort que lui, ça confine à la dépendance malsaine...
En 2002 il avait tellement abusé dans son ingestion de discours haineux, racistes, homophobes qu'il avait frôlé le coma éthylectoraliste ; heureusement un sursaut de dignité humaine dans son statut de déchet imbibé l'avait fait prendre un remède pour réduire son taux d'alconnerie à 18%.
Un remède, dans la même lignée, car comme disent les alcooliques il faut soigner le mal par le mal.
Mais le sevrage qui avait pris le dessus petit à petit avec le référendum constitutionnel européen, les régionales, les luttes pour les retraites et anti CPE, avait alissé une lueur d'espoir de guérison tardive à ce vieux pays gangrenné par le libéralisme et l'individualisme droitiste jusque dans le fond de ses entrailles.
Ce 6 mai 2007 a sonné le glas de la rémission et ouvert la voie à la phase terminale de la maladie réacto-libérale.
Les législatives de juin sentent le sapin (et pas le Sapin, ce cher Michel, garde rapprochée de Ségolène).
Ces élections nous ont au moins données plusieurs bonnes nouvelles :
Une participation massive qui redonne vie au pari démocratique des élections au suffrage universel, un retour des scores du front national au niveau de 1984, un retour du parti socio-démocrate comme puissance d'opposition, une montée de l'opposition d'extrême gauche malgré le vote utile pour la Ligue Communiste Révolutionnaire (+600 000 voix par rapport à 2002).
Cependant le reste de la gauche radicale s'est éffondrée comme un chateau de carte ne se représentant plus qu'elle même.
Après de nombreuses discussions je reste persuadé qu'il faut une opposition à la gauche de la gauche pour tirer le Parti Socialiste vers son aile gauche et non vers le centre.
Je reste profondément anti libéral et ne croit pas aux bienfaits de la social démocratie sur le long terme bien que je m'interroge.
Et il semble qu'aujourd'hui il faille construire un parti de gauche radicale unique (communistes, trotskystes, altermondialistes, écologistes, pourquoi pas radicaux de gauche et décus du ps...) pour faire front ; ou rejoindre comme certains camarades l'envisagent le PS pour faire de l'entrisme pour les théories de la vraie gauche et le tirer en courants interne vers son aile gauche.
Ce qui est clair c'est qu'avec 6 points d'écarts obtenus sur un vote massif des français Nicolas Sarkozy a une belle légitimité démocratique.
D'autre part je me rassure, si cela est encore possible en me disant que c'est une droite (encore?) républicaine qui a gagnée et non pas l'extrême droite.
Nos idées ne sont pas mortes et nous sommes 17 millions à avoir refusé le modèle de société Sarkoziste... Hier dans un discours qui ressemblait à un discours d'investiture précoce il a parlé d'une France patrie des opprimés, d'un pouvoir d'achat réhaussé...
Nous verrons, surtout qu'il veut être le président de tous les français donc ils era obligé de compter avec 17 000 000 d'opposants...
Nous le prendrons à défaut, nous allons attendre de pied ferme, et le troisième tour social n'est pas loin...
Déja des incidents ont émaillés la soirée de dimanche soir, le suffrage du peuple a parlé, une partie de la rue a voulu répondre. Je n'encourage pas ces actes qui entachent le modèle électoral égalitaire (sauf pour les étrangers) français . Mais lorsque le sarkostique va vouloir toucher aux régimes de retraite, au code du travail, à la justice des mineurs, à mai 68, aux sans papiers, la rue sera là et nous y serons, nous ne baisserons pas les bras et nous ne faciliterons pas le travail des libéro-réactionnaires, pis nous l'empêcherons autant que possible.
Des collectifs de professionnels à l'image du travail social, médical, de l'éducation nationale se sont montés sur tout le territoire pour refuser d'appliquer les lois sarko (comme la loi de prévention de la délinquance). Et que faire quand les personnels n'appliquent pas les lois? On ne peut pas tous les renvoyer, tous les sanctionner, et la force est dure à faire appliquer avec conviction quand ce sont les syndicats de police de gauche qui sont passés aux dernières élections professionnelles...
Réjouissez vous frontistes, sarkozystes traitres au gaullisme etc. car demain ce sera beaucoup plus dur pour vous de tenter de mettre en place votre modèle de société nous serons là, et comme par le passé nous bloquerons le pays et ferons échec à vos règlements misérables.
Maintenant tous ceux qui ont la gueule de bois, le temps des palabres dans votre fauteuil est fini, pour être crédible tous ceux qui sont contre cette philosophie de société, qui ont voté à gauche, cela suffit de faire la morale sans se bouger :
inscrivez vous dans les partis politiques, dans les syndicats, dans les collectifs, créez des blogs, des forums, des sites, rejoignez les associations, le bénévolat et on ne pourra pas dire que pour les legislatives de juin , pour les municipales de 2008, pour les régionales, pour les européennes, pour le 5 mai 2012 si ça se reproduisait ce serait de votre faute...
C'est notre seule chance.
ps (décidément... c'était pour post scriptum) : Je vous conseille un article de davide qui m'a plu "Est-ce que ça devait finir comme cela?"
(http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47854)